Friedrich Dürrenmatt

La visite de la vieille dame


Grande salle
RO
EN

Les Visiteurs

 
Claire Zachanassian
Magda Stief
 
Boby, le valet de chambre
József Biró
 
Moby
Melinda Kántor
 
Hoby
Loránd Farkas
 
Zoby
Rita Sigmond
 
Koby, aveugle
Áron Dimény
 
Loby, aveugle
Alpár Fogarasi
 
Toby
Szabolcs Balla
 
Roby
Csaba Marosán
 
Les Hôtes

 
Alfred Ill
Attila Orbán
 
Sa femme
Gizella Kicsid
 
Karl, son fils
Balázs Bodolai
 
Ottilie, sa fille
Éva Imre
 
Le maire
Zsolt Bogdán
 
Le pasteur
Ervin Szűcs
 
Le médecin
Loránd Váta
 
Le proviseur
Gábor Viola
 
L'adjudant de gendarmerie
Sándor Keresztes
 
Le peintre
Levente Molnár
 
Le premier citoyen
Róbert Laczkó Vass
 
Le deuxième citoyen
András Buzási
 
Le troisième citoyen
Ferenc Sinkó
 
La première femme
Réka Csutak
 
La seconde femme
Júlia Laczó
 
Les Autres

 
Exécuteur
Áron Dimény
 
Le chef de train, Le conducteur
Zsolt Vatány / Péter Árus
 
Les Gêneurs

 
Le speaker
Csilla Albert
 
Le reporter
Andrea Vindis

metteur en scène
Gábor Tompa
 
conseiller dramaturgique
András Visky
 
scénographe
Helmut Stürmer
 
costumier
Carmencita Brojboiu
 
masques
Ilona Varga-Járó
 
musique de scène
Vasile Şirli
 
chorégraphie
Johanna Bodor
 
assistant du scénographe
Cezarina Iulia Popescu
 
assistant du metteur en scène
Kinga Kovács , Gábor Viola
 
régie plateau
Pál Böjthe

Date de la création: 07 janvier 2015

Selon Friedrich Dürrenmatt (La visite de la vieille dame est la seule pièce que l’auteur considère non pas comme une comédie, mais comme une tragicomédie), « nos histoires grotesques recèlent, presque sans exception, le sentiment tragique, en dépit du fait que la tragédie est disparue, de nos jours. La société contemporaine a dévié le lit du fleuve tragique » car, aujourd’hui, ce n’est pas le sort individuel, mais l’histoire même qui anéantit ses protagonistes. C’est à ce caractère tragique que Dürrenmatt s’intéresse dans ses comédies. À l’instar de Shakespeare, dont les comédies sont traversées d’une cruauté dissimulée.
La visite de la vieille dame est la radiographie d’une ville provençale ; d’une ville dont la communauté – organisée dans des « petits cercles publics », des « petits comités et des commissions », des associations, des sociétés et d’autres groupes d’intérêt –, réitérant les clichés ethniques dictés par l’instinct grégaire et saisie de l’arrogance démagogique de sa propre intégrité est, en même temps, profondément corrompue et corruptible.   
La vengeance de Claire Zachanassian ne cible pas tant Alfred Ill, celui qui l’avait jadis quittée, mais plutôt cette communauté sombrée dans la médiocrité provençale justement par le dévoilement de la putréfaction morale qui la caractérise. La tragédie – écrit Dürrenmatt – rend impossible le distanciement, tandis que la comédie le créé, presque. Je pense que ce distanciement esthétique indispensable est celui qui peut nous aider à voir plus clairement et à mieux comprendre la communauté dans laquelle nous vivons.     
Gábor Tompa