Franz Kafka

L'Amérique

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Spectacle studio sur la grande scène
RO
EN

Karl Rossmann
Balázs Bodolai
 
Oncle, Serviteur
Miklós Bács
 
Klara, Tereza
Enikő Györgyjakab / Anikó Pethő
 
Premier officier, Feodor, Brunelda
Áron Dimény
 
Headwaiter, Schubal
Csilla Albert
 
Green, Cuisinier
Kati Panek
 
Robinson
Gábor Viola
 
Delamarche
Loránd Váta
 
Receveur des impôts, Capitaine, Pollunder
Attila Orbán
 
Soutier, Étudiant
Ferenc Sinkó

et Péter Árus, Alpár Fogarasi, Csaba Marosánm Elemér Bacsik, József Gábor Csiszér, József Csiszér, Attila Deák, Endre Erdős, Péter Hermann, Hanna Ivás, Kinga Kelemen, Lajos Major, Róbert Molnár, Tibor Molnár, János Nagy, János Platz, Szilárd Szőcs, Ildikó Varga, Csaba Veress, Timea Vincze, Réka Zongor


metteur en scène
Michal Dočekal
 
conseiller dramaturgique
András Visky
 
scénographe
Martin Chocholoušek
 
costumier
Zuzana Bambušek
 
musique originale
Ivan Acher
 
images vidéo
Zsolt Kerekes
 
assistant du metteur en scène
László Szabó G.
 
assistant du metteur en scène
Gábor Viola
 
assistant du metteur en scène et du conseiller dramaturgique
Katalin Deák
 
régie plateau
Zsolt Györffy

Date de la création: 02 novembre 2015

Je dédie ce spectacle au dramaturge, poète et metteur en scène Jan Antonín Pitínský, qui vient de fêter un âge rond. Sa façon de mettre en scène L'Amérique de Kafka, au milieu des années 80, a constitué pour moi une expérience unique.
Le réputé historien de la littérature et metteur en scène tchèque Jan Grossman cite un fragment du roman Le procès dans son essai intitulé Kafka et le théâtre :
« C'est la Loi. - Je ne connais pas cette loi, s'indigna K.  Le garde lui répondit : Tu vois ça, Willem, dit-il, il reconnaît qu’il ignore la loi, et il affirme en même temps qu’il n’est pas coupable ! »
Grossman ajoute : « Kafka est le premier poète du monde moderne automatisé. L'automatisme met en valeur la forme au détriment du contenu. »
Nous sommes des Karl Rossmann. Nous, qui avons franchi le seuil du monde libre il y a vingt-cinq ans, en tant que ressortissants de pays communistes. Très enthousiastes et porteurs de grands espoirs, nous avons très vite connu, à l'instar de Karl, les limites, les embrouilles et les écueils de ce monde - de l'Amérique si ardemment désirée. Aujourd'hui, nous ne pouvons plus contourner la question suivante : Ne nous sommes-nous pas responsables des échecs et des désillusions que nous subissons depuis un quart de siècle ? Si nous donnons cette interprétation à l'œuvre de Kafka, nous nous rapprochons de la version scénique du roman.
Nous sommes témoins oculaires du moment où Karl Rossmann découvre la haine nationaliste, l'injustice sociale, le monde de l'argent et du pouvoir, des chômeurs et des sans-abri. À la fin, il devient lui aussi asservi à ce nouveau monde car le carrousel de l'argent et du sexe - incarné par la chanteuse Brunelda - l'engloutit et l'écrase. À ce point, il se heurte au rejet implacable de notre société, énoncé par l'Étudiant : « Renonce à tout espoir ! » La voie que lui indique l'Oncle, qui représente pour Karl un châtiment et une expérience à la fois, l'amène au macabre Théâtre Naturel d'Oklahoma. Ce théâtre est, dans un certain sens, une métaphore de l'Éternité.
La fin du roman reste ouverte : l'Amérique peut être considérée non seulement comme le pays des relations interhumaines automatisées et instrumentées (idée finement et génialement formulée par Chaplin dans Les Temps modernes), mais aussi comme le pays où l'on rêve de la liberté de l'homme, qui doit se détacher de ses espoirs et de ses déceptions à l'instar d'un guerrier indien invincible qui se remet d'une bataille perdue.   
Michal Dočekal