La Cène solennell de Don Juan


Grande salle

Don Juan, fils de Don Louis
András Hatházi
 
Sganarelle, serviteur de Don Juan
József Biró
 
Señora Elvira, épouse de Don Juan
Emőke Kató
 
Señor Carlos, ex-fiancé de Señora Elvira
Gábor Viola
 
Señor Alonso, frère de Señora Elvira
Ervin Szűcs
 
Don Louise, pére de Don Juan
Csongor Köllő
 
Francisque, un pauvre homme
Róbert Laczkó Vass
 
Charlotte, paysanne
Anikó Pethő
 
Dunya, paysanne
Csilla Varga
 
Juan, paysan
Balázs Bodolai
 
Statue du commandeur
Gergő Bereczky
 
Monsieur Dimanche, commerçant
Attila Orbán
 
La Ramine, serveur, mercenaire et d'autres
András Buzási
 
Femme en voile/Donna Anna, plus tard Esprit/Le temps
Éva Imre
 
Tisbea, jeune femme passagére
Rita Sigmond
 
Fabio, une fois mécanicien automobile à Fiat
Csaba Marosán
Wolfband: Szabolcs Balla, Renata Burcă, Gábor Viola, Róbert Laczkó Vass, Rita Sigmond, Csaba Marosán
mise en scène et scénographie
Matthias Langhoff
 
costumier
Carmencita Brojboiu
 
conseiller dramaturgique
Eszter Biró
 
direction musicale
Katalin Incze G.
 
assistant du metteur en scène
Balázs Bodolai ,
 
conseiller chorégraphique
Ferenc Sinkó
 
régie plateau
Yvonne Nagy, Imola Kerezsy
 
assistant
Maxime Contrepois, Diana Dragoş

Date de la création: 06 mars 2013
Date de la création: 6 mars 2013

Durée: 4 heures 20 minutes avec un entracte

Limite d'âge : 14 ans


Propriétaire des droits de scène pour Histoire de l'Oeil de Georges Bataille:
© Pauvert, 1967, 1976, département des Éditions Fayard

Après Tirso de Molina, presque de Molière, mais aussi un peu de Mozart et Ponti, ainsi que Georges Bataille
Version de Matthias Langhoff et Eszter Biró

Musique: Katalin Incze G.

Atelier


UNE HISTOIRE ANCIENNE
1
Dans un livre oublié de ma bibliothèque, j'ai lu un jour l'histoire qu’une jeune fille qui, se promenant à Séville dans la lumière éclatante de l’été, avait découvert une église fondée, disait-on, par le célèbre séducteur de femmes, Don Juan. Une plaque de cuivre indiquait que la tombe de Don Juan se trouvait là, sous le portique, conformément à son désir. Le pécheur repenti l'avait voulu ainsi, afin d'être foulé par tous jusqu'aux plus misérables. La jeune fille fût prise d'un tel fou rire, qu'elle fut incapable - ou renonça - à retenir son urine, qui dégoulina le long de ses jambes et coula en filet sur la pierre tombale.  
Quelques années plus tard j’ai essayé de trouver cette église à Séville. Personne ne pouvait m’aider. Personne ne connaissait, ni de la tombe, ni de l’église.
Finalement j’ai trouvé la tombe et la pierre tombale baptisée d’urine. Mais pas dans une église, ni même pas dans un cimetière. Elle de trouvait en bordure de l'excavation d'un chantier - construction ou démolition -, à trois-mille-quatre-cent-soixante-quatre kilomètres à l’Est de Séville. Je me suis baissé, j’ai essuyé la saleté vieille de plusieurs siècles qui recouvrait la patine de la plaque et j’ai lu: « Je ne voulais pas que l'on me fît confiance, je voulais que l'on espérât rien de moi. Je ne voulais pas être bon, je voulais que l'on me haît, que l’on se moquât de moi et que l'on me méprisât. Mais quand je ne serai plus là, vous sentirez combien vous me regrettez. Payez mon serviteur. »
Perplexe, j’ai quitté les lieux – le chantier en construction ou en démolition. Une mouche, qui avait survécu de façon inexplicable aux gelées hivernales, s’est posée sur ma main colorée de vert-de-gris. 
!!! Allez au théâtre, avant qu'il ne soit trop tard. !!!
 
2
Tandis que je rentrais chez moi, quittant la salle de répétitions, après encore une journée de travail, je remarquai qu’une femme de ménage m’observait dans le couloir, entre les toilettes et l’escalier. Grise comme une femme de ménage, à peu près de mon âge, elle me sourait aimablement, d'un air bienveillant. Lorsqu'elle m'a vu trébucher légèrement, elle m'a dit en allemand, avec un léger accent: "Vorsicht" et "Guten Tag" et puis "Ach ja". Elle m'a fait penser á Herta Müller. C'est à elle, à cette femme de ménage, que je dédie mon travail.
Mattias Langhoff