Caravaggio Terminal

Un projet de Robert Woodruff et András Visky

Salle studio
RO
EN

Avec:
Csilla Albert
Balázs Bodolai
Áron Dimény
Éva Imre
Ferenc Sinkó
Ervin Szűcs
Csilla Varga


metteur en scène
Robert Woodruff
 
texte, dramaturgie
András Visky
 
scénographie, costumes
Carmencita Brojboiu
 
images vidéo
Bertalan Bányász
 
son
kata bodoki-halmen
 
conseiller chorégraphique
Ferenc Sinkó
 
assistant du metteur en scène
Mei Ann Teo
 
assistant du conseiller dramaturgique
Jessica Rizzo
 
régie plateau
Imola Kerezsy

Date de la création: 24 juin 2014
Date de la création: 24 Juin 2014

Durée: 1 heure 45 minutes sans entracte

Caravaggio: artiste contemporain du type de ceux qui sont difficilement supportables. Extrêmement doué, il est incapable de mentir, même les divagations le mettant mal à l’aise. L’argent ne compte pas vraiment pour lui : bien qu’il touche les honoraires les plus significatifs, il les gaspille, d’habitude (plus précisément : il partage) en compagnie de figures de mauvaise réputation d’Ortaccio, d’où il choisit également les modèles de ses toiles les plus réussies.       
Il déteste les classes sociales et refuse de devenir académicien à chaîne en or, par exemple, bien que les académiciens – dont certains sont ses ennemis les plus acharnés – reconnaissent en grinçant les dents qu’ils ont à faire au plus grand talent de la Renaissance tardive.    
Il tue un homme : aujourd’hui, on sait qu’il a été impliqué dans un duel fair-play, mais les duels étaient strictement interdits à Rome à cette époque-là. C’est lors de ce duel qu’il poignarde un des proxénètes les plus célèbres de la ville sainte.
Il reçoit des commandes des endroits les plus huppés, il peint même pour la Basilique Saint Pierre. Pourtant, il se contente des vêtements qu’il porte, qu’il ne change que lorsqu’ils se transforment en haillons.
Il ne laisse rien en héritage, à part un œuvre relativement restreint. Pourtant, Rembrandt, la photographie ou le véritable art de l’éclairage scénique seraient difficilement imaginables aujourd’hui en l’absence de cette contribution. 
Après sa mort, notre commodité intellectuelle et spirituelle  a fait qu’on l’oublie pendant près de deux siècles.
Caravaggio: un homme dérangeant qui a peut-être vécu les expériences les plus profondes d’effusion de sainteté de l’ensemble de la culture occidentale. Il est notre contemporain et il est presque insupportable.
András Visky