Bohumil Hrabal

Moi qui ai servi le roi d’Angleterre

Adaptation par David Jarab, Traduction en hongrois: Isván Vörös

Grande salle

Jan Dítě
Zsolt Bogdán
 
Líza Papanek, sa femme
Enikő Györgyjakab , Anikó Pethő
 
Zdeněk, son ami
Áron Dimény
 
Jiřina Štěpničková, actrice et chanteuse
Emőke Kató
 
M. Skřivánek, serveur / Gestapo
Loránd Váta
 
Empereur d'Abyssinie / Président de la République Tchèque / Professeur de littérature Français
József Biró
 
M. Brandejs, propriétaire de l'hôtel / Membre de la milice du peuple (LM)
Attila Orbán
 
Secrétaire d'Etat / Monsieur Šroubek, propriétaire de l'hôtel / Homme de acier
Miklós Bács
 
Ambassadeur / Mr.Tichota, hôtel propriétaire en fauteuil roulant / Gestapo
Levente Molnár
 
L'épouse de l'empereur / Serveuse / Infirmière SS / Membre de l'Union de la jeunesse communiste (SSM)
Csilla Varga
 
Serveuse / Prostituée / Dactylographe / Fille Lebensborn / Membre de la SSM
Csilla Albert
 
Serveuse / Jaruška sur l'Eden / Fille Lebensborn / Membre de la SSM
Andrea Vindis
 
Serveuse / Son épouse / Prostituée / Dactylographe / Fille Lebensborn / Fille de la chocolaterie Orion-Maršner
Éva Imre
 
Président de la Banque Nationale / Monsieur Walden, revendeur / Prisonnier KZ / Prisonnier Gulag
Gábor Viola
 
Ministre d'Abyssinie / Médecin SS / Membre de la LM
Ferenc Sinkó
 
Secrétaire / Général de l'armée / Soldat allemand / Membre de la LM
András Buzási
 
Serveur / Soldat allemand / Membre de la LM
Balázs Bodolai
 
Serveur / Officier SS
Szabolcs Balla
 
Garçon / Soldat allemand
Csaba Marosán

metteur en scène
Michal Dočekal
 
conseiller dramaturgique
Noémi Vajna
 
assistant du metteur en scène
László Szabó G.
 
traduction des paroles
László Szabó G.
 
scénographe
Martin Chocholoušek
 
costumier
Carmencita Brojboiu
 
musique originale
Ivan Acher
 
conseiller chorégraphique
Ferenc Sinkó
 
régie plateau
Yvonne Nagy

Date de la création: 16 octobre 2013
Date de la création: 16 octobre 2013

Durée: 2 heures

En fin du spectacle, le Professeur cite une partie du poème de Robert Desnos dans lequel la Fille rencontre le Taureau. Ceux qui parlent français et ont certaines notions de mythologie grecque comprennent ainsi l’allusion faite par l’auteur à l’enlèvement d’Europe par Zeus. Néanmoins, le français et le grec classique sont déjà disparus de la culture européenne. C’est justement sur ces aspects que Bohumil Hrabal écrit : l’enlèvement d’Europe et la disparition du monde tel qu’on le connaissait il y a un siècle. Son roman traite de la vie dans un monde qui change sans cesse. NOUS SOMMES LES DERNIERS ROMANS, affirme-t-il à propos de cette ère, dont la devise est devenue : Que le vieux monde dégradé disparaisse ! Dans son roman pseudo-autobiographique, Proluky [Brèches], il y a une scène dans laquelle l’auteur se trouve au bord de la rivière Rokytka – où il vivait son exile de la vie littéraire, en périphérie de la ville de Prague. Là, il allume un feu en se servant de vieux meubles. Ce feu a un rôle purificateur, l’auteur étant conscient du fait qu’il se réchauffe des réminiscences de son propre monde ; il est né lui-même dans un lit bourgeois fabriqué par des artisans. C’est le sort de beaucoup de gens que de regarder choqués le démantèlement de la bibliothèque d’Alexandrie pendant qu’ils avivent le feu en utilisant ses livres. C’est toujours sur cette expérience que se fonde la célèbre affirmation de Bulgakov: « Les manuscrits ne brulent pas! »

Hrabal écrit sur la disparition d’un monde idéal, une Europe du début du XXe siècle dont l’équilibre est brisé par l’histoire. Mais n’est-ce pas le sort qu’on subit tous, en fin de compte ? Un déclin vers la mort ? Hrabal ne veut-il pas parler, en fait, de la vie vécue à l’ombre de la fin ? Au-delà de la métaphore fluide et diaphane de la fin de l’Europe du XXe siècle, l’histoire de Jan Díte est également une confession existentialiste de l’homme contemporain qui regarde, en affichant un sourire amer, vers le passé.     
Michal Dočekal